NdA : Pour remettre le contexte, la bêta d'Assassin's Creed : Revelations vient de se terminer, j'en faisais parti, et du coup j'essaye de commenter de façon un peu RP mon expérience de jeu...

Bonjour,

Je communique au travers de ce compte afin de faire un compte-rendu de la situation. J'espère que mes coéquipiers d'Abstergo Industries pourront trouver ce message avant que le possesseur de ce compte ne s'aperçoive de l'usurpation. Je me nomme Renkineko Kaneryu, je suis un des membres de l'équipe chargée de tester le Nouvel Appareil de Projection Holographique Temporelle Automatique de Lignée à Immiscion Naturellement Ethérée. Ou de l'Animus, c'est toujours plus classe que Naphtaline, même si ce dernier nom permet d'un peu plus penser à nos ancêtres...

J'ai reçu un courrier récemment, modeste employé d'Abstergo Industries que j'étais, pour me dire que j'avais été choisi parmi un panel représentatif afin de tester les capacités de l'appareil. Je nage désormais en plein flou, et j'ai besoin de la compétence de mes supérieurs. Je suis prisonnier de l'appareil, et tout le monde connaît ses effets ravageurs sur le long terme. Peut-être aurais-je dû être plus méfiant venant d'une Bêta. J'ai réussi à pirater l'Animus pour atteindre ce profil grav, et il faut absolument que mon supérieur me repère dans la masse de données constituant Internet.

Voici mes avertissements. La bêta se déroulait normalement. J'ai appris à maîtriser ma projection, mon ancêtre, un noble templier répondant au nom de Vali cel Tradat. Ancien assassin, il a compris que l'intérêt du monde se trouvait dans l'ordre saint. J'y découvre aussi ma mission : détruire d'autres templiers. Bien sûr, il s'agit d'un jeu, un programme de simulation, nous renaissons. Seulement voilà, neuf d'entre nous ont été bloqué à l'intérieur de ce jeu. Nos corps ne nous répondent plus, nous sommes désormais prisonniers de l'Animus.

Devant l'impossibilité de nous déconnecter, nous avons été obligé de nous soumettre à la drogue constante que représente cet appareil, et nos ordres se sont transformés petit à petit en désir, puis en besoin. Nous devons tuer, et nous ressentons la douleur. Chaque mort nous rapproche un peu plus du néant, nos esprits malades n'arrivent plus à sortir de cet état de fait : nous DEVONS nous entretuer.

Pourtant, le début de la bêta se passait bien. Nous avons appris à nous connaître. Nous rigolions des bugs de la machine : je me suis ainsi retrouvé dans l'incapacité de bouger durant toute une manche (et ce plusieurs fois) suite à une bombe de proximité, se déclenchant au passage d'un de nos poursuivants ou d'une de nos cibles. Dans le même ordre d'idée, j'ai fait l'expérience incroyable de rester en suspension dans les airs, incapable de redescendre, restant au même niveau que la plateforme dont je venais de tomber pendant une dizaine de secondes...

Seulement, le programme semble vouloir se réparer seul. La mort nous attend. Au fur et à mesure que nous tuons, nous devenons plus forts. Nos emblèmes évoluent, notre force avec. Nos capacités deviennent de plus en plus poussées, la majeure partie d'entre nous arrivent désormais à fabriquer du poison et des fumigènes. Certains essayent aussi de pirater l'Animus, utilisant le peu de conscience qui leur reste... Mais au lieu d'utiliser leurs connaissances pour arrêter le programme, ils l'utilisent pour tuer leurs semblables et leurs ennemis. Le barbarisme est à son paroxisme.

Nous... Je... Les templiers sont... Je ne comprends plus... Aidez-moi... Vidic ! Répondez... Quelqu'un, pitié... JE NE VEUX PAS RESTER AINSI ! Ils approchent, je le sens... Tuer ! Je dois les tuer. Hélas, le programme semble favoriser les attaques plus ou moins frontales : le poison est beaucoup plus difficile à placer que dans l'ancien logiciel d'entraînement. Il n'y a plus de supérieur, c'est le chaos, un sous-fifre peut devenir l'instant d'après le chef de meute... Ils arrivent ! Mon seul réconfort dans cette guerre psychologique, c'est que mes morts peuvent être honorables, et mes agresseurs ne s'en sortent jamais la tête haute.

Bloqué ! Je suis dans une zone minuscule, et mes poursuivants aussi. Plus de boussole, nous devons nous débrouiller pour trouver une cible au milieu de clones, et aucune indication si ce ne sont les battements de coeur de nos cibles, et les murmures de nos poursuivants... Un mode frustrant, fatiguant, où courir ne sert à rien, car les poursuites sont impossibles. Il est aussi devenu bien plus difficile d'assassiner incognito, il faut se fondre dans la masse avant de sortir son arme, sinon la discrétion seule est de mise, et encore : à condition de ne pas se sentir trop téméraire pour accéder à notre victime !

Bien des défis nous attendent : une notion de corruption, des reliques, des coffres, tout cela où nous devrons faire une trêve de quelques minutes, avant de nous poignarder dans le dos car nous aurons été attribués au hasard dans une autre équipe. Je n'attends plus qu'une chose : cumuler assez de crédits Abstergo pour m'acheter ce manuel qui me fait défaut, duquel je pourrais apprendre à pirater l'animus.

Vite, je dois m'enfuir, je viens d'entendre quelqu'un ! Où est-il ? Non, trop tard, il vient de sauter du toit, l'épée fondant sur moi...

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